Automne-Hiver : vendre le chaud, acheter le froid, ou l’inverse ?

Pour une entreprise, l’adaptation au changement climatique est en train de prendre une dimension très concrète : l’adaptation à la variabilité climatique.

Il ne s’agit plus seulement de se demander comment prendre en compte le carbone rejeté par l’entreprise, de se prémunir contre les catastrophes naturelles ou encore d’imaginer l’environnement dans lequel évoluera l’entreprise dans 30 ou 50 ans. On a bien du mal à donner un prix au carbone et encore plus à savoir quel est le taux d’intérêt qu’il faut utiliser pour actualiser les cash-flows à venir. Quant à savoir à quoi ressemblera l’entreprise dans 30 ou 50 ans, le monde court termiste de la finance, des investisseurs aux dirigeants, peine à se projeter au-delà de l’année à venir…

Justement l’année à venir, elle, est susceptible d’être impactée par la variabilité climatique. Jugez plutôt : le bénéfice de Kingfisher recule de 19% à cause notamment d’un été trop pluvieux ; le chiffre d’affaires de Mr Bricolage baisse à cause d’une mauvaise météo aux mois d’avril et mai ; les bénéfices de Damart chutent de 40% principalement à cause d’un automne et d’un hiver trop doux ; le chiffre d’affaires d’Electricité de Strasbourg est boosté par la vague de froid ; le bénéfice de Somfy est en chute libre en raison des conditions climatiques défavorables en Europe, l’EBITDA du groupe Go Sport se dégrade à cause d’une météo défavorable en hiver comme en été, et la liste est longue…

Personne n’a oublié le caractère anormalement doux de l’automne et de l’hiver 2011-2012, et l’impact financier de cette douceur sur les comptes de nombreuses entreprises, petites ou grandes. Ce qu’on réalise peut-être moins bien, c’est l’augmentation de l’ampleur des anomalies, années après années. Lorsqu’on observe le cumul d’anomalies de température en France en novembre et décembre sur les 30 dernières années, on constate la chose suivante : entre 1980 et 1990, l’écart à la moyenne était de 3,90 degrés ; entre 1991 et 2000, l’écart moyen est passé à 7,60 degrés ; sur les dix dernières années il est de 9,98 degrés ! Plus du double ! Concrètement qu’est-ce que ça signifie ? Une entreprise dont la rentabilité est affectée par la météo a aujourd’hui un risque beaucoup plus important qu’il y a 10, 20 ou 30 ans de subir une perte significative d’activité et de rentabilité. Sa vulnérabilité a augmenté. Le risque météo qui pouvait être ignoré il y a 30 ans ne peut plus l’être aujourd’hui.

Face à cette nouvelle donne, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à étudier leur météo-vulnérabilité. Elles déterminent seules ou avec un consultant les conditions météo spécifiques qui les rendent vulnérables et évaluent leur perte potentielle moyenne et leur perte potentielle maximale. Ensuite que faire ? Décider et gérer en fonction des prévisions ? Les prévisions saisonnières n’existent pas. Ce sont tout au plus des tendances sur lesquelles même un météorologue n’oserait s’engager. Pour s’en convaincre, il suffit de parcourir les sites des acteurs de la prévision météo : pour les uns, l’automne sera plutôt doux et humide, mais doux et sec pour d’autres. Pour les uns, l’hiver sera plutôt froid et humide, pour d’autres encore, il sera froid et sec ou dans les moyennes mais assez contrasté… Quel chef d’entreprise parierait la survie de son activité sur de tels critères ?

Faute de pouvoir s’appuyer sur une prévision fiable, il faut s’assurer. Il faut s’assurer car le risque de perte est bien réel, et que les montants en jeu n’ont jamais été aussi élevés depuis 30 ans. Ainsi, de plus en plus de dirigeants font appel à un courtier pour mettre en place une solution de couverture financière adaptée telle que l’Assurance météo. L’Assurance météo permet à l’entreprise de garantir sa marge lorsque les conditions météo sont défavorables.

Quels sont les secteurs perdants si l’hiver est trop doux ? On les connaît déjà. Les gestionnaires d’actifs et les analystes aussi ! De plus en plus conscients du poids de la météo, ils ont désormais quelques entreprises sur leur écran radar, qu’ils n’hésiteront pas à sanctionner si les températures peinent à baisser. Même chose en ce qui concerne les entreprises pour lesquelles des conditions hivernales anormalement rudes signifieraient une chute de chiffre d’affaires et de rentabilité. Qu’on ne s’y trompe pas. Les analystes connaissent leur métier, et ils ne sont désormais plus leurrés lorsque l’entreprise ne doit son salut qu’à des conditions météo favorables. Seule parade pour éviter la sanction du marché : se couvrir !

La crise fragilise de nombreuses entreprises. Il ne faudrait pas que la météo entame encore davantage leur trésorerie. Pour les entreprises du textile, les vendeurs de carburants ou les réseaux de chaleur pour les particuliers ou les entreprises, l’agro-alimentaire, les vendeurs de vêtements et de matériel de sport d’hiver, les gestionnaires de stations de sports d’hiver, les collectivités locales soucieuses de ne pas dépasser les budgets de chauffage ou déneigement, il n’est pas trop tard pour agir. Mais il faut faire vite et s’assurer avant l’hiver.

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