Hiver 2014 : un cadeau du ciel pour les collectivités locales… à investir absolument !

viabilité hivernale

Les températures anormalement douces entre décembre et mars placent cet hiver à la troisième position des hivers les plus chauds. Mais le fait le plus marquant, c’est qu’il a très peu gelé ! C’est même l’hiver où il a le moins gelé depuis plus de 30 ans. Il n’a pratiquement pas neigé en plaine non plus. Conséquence : peu de dépenses et beaucoup d’économies pour les communes et les conseils généraux. C’est le moment de penser aux hivers prochains !!!

En France, entre les mois de décembre et de février, il y a eu en moyenne 14,5 jours de gel contre 31 habituellement. Dans certaines régions de France, il n’a quasiment pas gelé (voir carte). Les ménages, qui ont économisé en moyenne 100 euros sur la note de chauffage soit 3,5 milliards au global, ne sont pas les seuls à apprécier la douceur de l’hiver. Les communes et les conseils généraux sont aussi de la fête. Dans les dépenses du budget de fonctionnement, la note de chauffage des écoles, des collèges et lycées, des salles de sport, des crèches et autres bâtiments publics a suivi le même chemin. Tant mieux pour les mêmes ménages à qui on ne demandera pas de hausse d’impôt pour compenser les dépenses liées aux rigueurs de l’hiver.

Jours de gel observés par rapport à la normale - Hiver 2013-2014

Jours de gel observés par rapport à la normale – Hiver 2013-2014

Mais il y a mieux. Le budget « viabilité hivernale » est également au beau fixe. Peu de gel, peu ou pas de verglas et de neige se traduisent par moins de sorties des engins de salage et de déneigement. L’économie est substantielle. C’est d’abord une économie sur la quantité de sel. C’est aussi une économie de frais de personnel. Pas d’heure supplémentaire et pas d’astreinte à payer. Le matériel a consommé moins de carburant et s’est usé moins vite. Enfin, l’absence de période de gel et de dégel a préservé les routes et le budget alloué aux habituelles réparations post-hivernales ne sera que très peu sollicité. Pour finir, le sel stocké servira en 2015. Au total, une économie cumulée remarquable !

La tonne de sel coûte en moyenne 100€, sauf quand tout le monde en cherche en cas d’hiver anormalement rigoureux, auquel cas le prix peut monter jusqu’à 300 euros la tonne. A Strasbourg, on est passé de 6000 tonnes de sel en 2013 à 100 tonnes en 2014, soit une facture divisée par 70. A Tours, on est passé de 1100 tonnes à 15 tonnes. A Saverne, on a utilisé 400 tonnes de sel en 2013. Il n’a fallu que 10 tonnes cette année. A Morlaix, le matériel est resté au garage, comme à Vendôme. A Maubeuge, il n’est sorti qu’une fois. Comme à Béthoncourt où l’année passée, 20 sorties avaient été nécessaires pour assurer la sécurité des routes. A Dijon, on comptabilise 15 sorties contre 26 l’an passé. Pour les conseils généraux, chargés de la sécurité des routes départementales qui relient les villes entre elles, les économies en euros sont encore plus substantielles. En Indre et Loire, en année normale, le budget est de 700 000 euros pour 18 sorties ; cette année : aucune sortie ! Dans le Pas de Calais, là où les hommes et les machines avaient répandu 30 000 tonnes de sel sur les routes l’an passé, seules 860 tonnes ont été utilisées cette année.

L’hiver 2014 apporte deux bonnes nouvelles : de véritables économies cette année (des frais de personnel et des dépenses de réfection des routes en baisse) et des économies pour 2015 puisqu’on démarre l’hiver avec des stocks importants.

Seulement voilà, un hiver comme l’hiver 2014 n’arrive pas souvent. En fait, ça fait plus de 30 ans que ce genre d’hiver ne s’est pas produit (voir graphique ci-dessous). Pourquoi alors ne pas utiliser une partie des économies réalisées pour s’assurer contre le surcoût lié à un hiver anormalement rigoureux dans les années à venir.

Anomalies de gel 1983-2013

Anomalies de gel 1983-2013

Dans chaque commune, le maire, l’adjoint aux finances ou l’adjoint à la voirie doit estimer la dépense de viabilité hivernale pour l’année à venir. Il dispose pour cela des « normales » ou de l’indice de viabilité hivernale, qui le renseigne sur le nombre de jours de gel et les chutes de neige dans une année normale, ce qui lui permet de connaître le nombre de sorties, les frais de personnel et la quantité de sel à prévoir.

Que se passe-t-il si l’hiver est anormalement rigoureux ? Le coût de la viabilité hivernale grimpe en flèche (quantité de sel, personnel, heures supplémentaires, matériel, etc.). Il faut payer et compenser le trou du budget de fonctionnement par une hausse de la fiscalité locale. C’est d’autant plus vrai que la dotation de l’état va être revue à la baisse.

La seule façon de ménager le contribuable, c’est de mettre en place une assurance qui prend le relais des dépenses supplémentaires en cas d’hiver anormalement rigoureux. Cette assurance a évidemment un coût, qu’il suffit d’intégrer dans le budget initial. L’hiver 2014 vient d’offrir aux élus sur un plateau les économies permettant financer la mise en place de l’assurance viabilité hivernale.

Avec une telle assurance, quelle que soit la rigueur de l’hiver, les élus et les contribuables n’auront aucune mauvaise surprise. Si l’hiver est à nouveau clément, il suffit de reconduire l’assurance qui continue de s’autofinancer avec les nouvelles économies. Si l’hiver est anormalement rigoureux, l’assurance prend le relais sans que le budget ne soit dépassé.

Dans un contexte de ras le bol fiscal, les contribuables attendent des élus que l’argent public soit géré avec rigueur. L’hiver 2014 est un cadeau du ciel et une opportunité pour les nouvelles équipes qui vont s’installer dans les semaines à venir de bien débuter leur mandat.