Pourquoi ça fait bien 600 millions et pourquoi ce ne sont pas les assureurs qui vont payer !

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Le coût de l’épisode neigeux sera au moins de 600 millions d’euros. Ce résultat a été établi grâce à une base de données qui analyse la météo-vulnérabilité des secteurs les plus impactés : transports, collectivités territoriales, grande distribution et distribution spécialisée, BTP, tourisme et restauration.
Le but de ce papier n’est pas d’entrer dans le détail des modèles qui sont utilisés mais simplement de mettre le chiffre en perspective.

Le PIB français quotidien est de 7 milliards d’euros. La partie de l’économie qui est affectée par les aléas météo représente 30% de ce montant, soit 2.1 milliards. L’aléa météo est la déviation de la météo observée par rapport à sa valeur moyenne (autrement par rapport à la normale). La déviation moyenne est de l’ordre de 15%. La partie du PIB susceptible d’être perdue est donc en moyenne de 315 millions d’euros par jour (15% de 2.1 milliards). Sur 3 jours, c’est donc en théorie 945 millions d’euros qui sont susceptibles d’être détruits par une météo défavorable.
Il est bien évident que l’épisode neigeux dépasse la déviation normale de 15% par rapport à la normale, mais il n’a concerné qu’une partie du territoire, et l’ile de France pendant une journée complète. Il faut comprendre que la neige a amené un blocage quasi complet de l’économie du nord, de l’ouest et de l’Ile de France pendant au moins une journée, et un blocage plus partiel pour quelques jours supplémentaires.
Autre moyen de mettre les chiffres en perspectives : utiliser l’expérience récente de la neige en décembre 2010. L’épisode neigeux avait bloqué plus longuement la périphérie davantage bloqué la périphérie parisienne mais moins durement affecté le nord et l’ouest de la France. La perte de CA pour la grande distribution autour des grandes villes avait été de 380 millions d’euros. L’annulation de vols avait privé Air France de 70 millions d’euros et Easyjet de 20 millions d’euros. Le syndicat des transporteurs avait annoncé une perte de 150 millions d’euros. Sur ces seules données publiques, on en est déjà à 620 millions… et dans ces chiffres, on n’a pas évoqué le surcout lié au déneigement et à la remise en état des réseaux et des infrastructures… pour ne parler que de cela.
Dans la plupart des cas, les entreprises ne se sont pas couvertes contre la perte de CA ou de marge liée aux aléas météo. Donc les assureurs peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Les seuls sinistres pour lesquels ils seront mobilisés sont les dommages aux véhicules, aux personnes et aux biens qui faisaient l’objet d’une assurance, et cette somme viendra s’ajouter à l’estimation de 600 millions précédemment évoquée. De même, les collectivités territoriales et les mairies ont engagé des coûts supplémentaires en termes de moyens humains et de matériel qui vont mettre leur budget d’entretien des voiries en déficit significatif. Là encore, l’assureur n’est pas concerné. C’est le contribuable qui sera sollicité pour équilibrer le budget de l’année suivante.

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