Dicton météo 2012 : Avril met les profits en péril

L’année passée, le printemps c’était l’été ! Le printemps le plus chaud qu’on ait connu depuis 1900, l’anomalie chaude de température étant de +2.5°C en moyenne sur le territoire national. Le mois d’avril 2011 a été encore plus remarquable : +4°C au-dessus des normales, un ensoleillement exceptionnel, et un déficit de pluie de 50%.

Mais rien de plus normal après tout, puisque année après année, les températures augmentent. L’année 2010 avait été plus chaude que la normale, comme les dix années précédentes d’ailleurs. En avril 2010, l’anomalie chaude de température avait dépassé +1.7°C. C’est bien ça le changement climatique, non ? Les producteurs d’eau minérale, de boissons rafraichissantes, de glaces, de barbecues, d’insecticides et de produits « été » en tous genres ont sans doute intégré ces effets du changement climatique dans leurs business plans. Même chose pour les restaurateurs, l’hôtellerie et les activités touristiques qui bénéficient d’une période d’activité annuelle plus longue !

Seulement voilà…Avril 2012 ! Pluie, vent, giboulées, orages…un excédent pluviométrique de plus de 70% sur tout l’ouest de la France, 17 jours de pluie dans le sud-ouest contre 11 habituellement, un déficit de soleil de 13% (contre un excédent de 50% en 2011 et de 40% en 2010), plein de neige mi-avril dans le massif central et pour finir une tornade à Toulouse le 30 avril… bref, un mois d’avril pourri.

Manque de chance, les vacances scolaires ont démarré le 7 avril pour la zone A, et la zone B (Paris) a profité de ces conditions climatiques du 14 avril au 30 avril.

Que vont faire toutes ces entreprises et tous ces secteurs d’activité qui avaient gagné davantage d’argent que prévu grâce à la météo en 2009, en 2010, en 2011….? L’impact météo risque d’être d’autant plus visible sur les comptes des entreprises que les trois années précédentes ont été exceptionnellement favorables. Faut-il dire aux actionnaires concernés et à leurs partenaires qu’il faut accepter des résultats en baisse à cause de la météo ? C’est tentant… le problème, c’est que c’était évitable, car assurable.

Il faut donc espérer que les actionnaires soient conciliants, car si personne ne peut prévoir la météo au moment d’établir le budget et le résultat prévisionnel de l’année, rien n’empêche un responsable financier avisé d’anticiper, en évaluant l’impact financier d’une météo défavorable en fonction de l’intensité et de la durée de l’anomalie et en mettant en place les couvertures financières éventuelles qui s’imposent. On va suivre les communiqués de presse sur les résultats avec intérêt !