Ville par ville, mois par mois, le climat a changé : analyse des tendances de température 1983-2012

Le GIEC a parlé. Le scénario qui se dessine à horizon 2100 est une augmentation de la température à la surface de la Terre de +4°C si l’humanité ne change rien dans sa relation à l’énergie.

C’est encore loin et pourtant, dès aujourd’hui, les faits sont là, implacables. En 30 ans, les températures mensuelles ont changé, parfois très significativement. Bon à savoir pour intégrer dans sa stratégie de développement et s’adapter dès aujourd’hui.

Le 5ème rapport du GIEC est sorti le 27 septembre. Il confirme l’élévation des températures et le rôle déterminant des activités humaines dans le changement du climat. Rien de révolutionnaire depuis le rapport 2007. Les constats scientifiques sont plus robustes qu’ils ne l’étaient dans les rapports précédents. Le scénario qui se dessine est une augmentation de la température à la surface de la Terre de +4°C si l’humanité ne change rien dans sa relation à l’énergie. Dans l’hypothèse où les gouvernements arrivent à s’entendre sur une réduction drastique des rejets de gaz à effet de serre, il serait possible de limiter la hausse de température à +2°C.  L’Organisation Mondiale de la Météo avait déjà constaté l’augmentation de la variabilité climatique et des anomalies météorologiques dans un scénario de hausse globale qu’on espérait limitée à +2°C à horizon 2100. Dans un scénario à +4°C, le plus probable, il faut s’attendre à ce que l’intensité, la durée et le nombre des aléas climatiques augmentent encore plus rapidement que ce que l’on constate déjà aujourd’hui.

 Scénario GIEC

Aujourd’hui précisément, comment est-ce qu’on ressent l’augmentation de tendance en France ?
Maxime Fortin, analyste chez Meteo Protect, a analysé les températures observées durant les 30 dernières années pour calculer la tendance mois par mois de l’évolution des températures dans les grandes villes françaises, histoire de mieux sentir ce que le changement climatique implique déjà aujourd’hui, localement.

Evolution de la tendance des températures en °C mois par mois – Moyenne France

Évolution de la tendance des températures en °C mois par mois – Moyenne France

Le constat au niveau national est très révélateur comme le montre le graphique de boite à moustaches. Mois par mois, le graphique permet d’apprécier la hausse moyenne des températures. Le rectangle montre la dispersion de l’évolution des températures dans les villes françaises, les pointillés indiquent les valeurs mini et maxi et la barre horizontale noire à l’intérieur de chaque rectangle jaune est la médiane de l’évolution de la température. A l’exception du mois de décembre, la température est en hausse chaque mois de l’année. Ce qui frappe, c’est évidemment la hausse des températures des saisons intermédiaires que sont le printemps et l’automne. On note également la dispersion très élevée des valeurs en février.

L’analyse à l’échelle de quelques villes permet de voir comment le réchauffement agit au Nord, au Sud, à l’Est ou à l’Ouest du pays. Dans les graphiques qui suivent, la courbe en trait plein relie la tendance moyenne mois par mois, et les pointillés représentent la dispersion de la hausse avec un intervalle de confiance de 95%.

Au Nord (Orly et Lille), on constate que l’évolution des températures est assez homogène sur les six premiers mois. La hausse oscille entre 1°C et 2°C. La hausse est plus limitée sur la deuxième partie de l’année.

Au Sud (Bordeaux et Marseille), le profil est un peu différent. La hausse de température est beaucoup plus marquée au printemps. C’est un peu moins vrai à l’automne, même si la hausse Est de température en octobre et novembre est plus importante qu’au Nord.

Au Nord comme au Sud, les mois d’août ont été plus chauds que les mois de juillet ou de septembre. De même, la température des débuts d’hiver a peu évolué.

Evolution de la tendance des températures en °C mois par mois

Évolution de la tendance des températures en °C mois par mois

D’Ouest en Est (Rennes, Orléans, Strasbourg), le profil de hausse de température montre quelques disparités. Si à Rennes, Orléans et Strasbourg, on constate une tendance haussière pour les six premiers mois de l’année, la hausse au printemps est beaucoup plus marquée à Strasbourg qu’à Rennes. Autre différence entre l’axe Est-Ouest et Nord-Sud, les températures estivales ont finalement assez peu évolué au cours des trente dernières années. En automne, la hausse des températures s’atténue d’Ouest en Est puisqu’à Strasbourg les températures sont restées à peu près stables à l’exception des mois de novembre.

Evolution de la tendance des températures en °C mois par mois

Évolution de la tendance des températures en °C mois par mois

Les projections à l’horizon 2100 peuvent nous paraître bien loin, mais l’analyse de l’évolution des températures des trente dernières années montre dès aujourd’hui que le climat 2012 n’est plus celui de 1983. Le rapport du GIEC confirme que nous sommes au début d’un cycle de réchauffement très significatif. Toutes les entreprises dont l’activité est affectée par les anomalies météo doivent rapidement, si ce n’est déjà fait, évaluer dans un premier temps dans quelle mesure la météo a modifié leur activité ces dernières années.

Dans un deuxième temps il leur faut adapter leur stratégie opérationnelle et financière pour être capable d’absorber les conséquences immédiate du scénario long terme que le GIEC annonce, c’est à dire une variabilité du climat plus intense et coûteuse.

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