La gestion du risque météo en entreprise a un nouveau blog

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Voici déjà deux ans que meteosensibilite.com analyse et commente les liens entre les aléas météo et l’économie.

Au total, ce sont plus de 150 contributions qui ont participé à la diffusion de connaissances autour du risque météo. En 2 ans, nous avons illustré les pertes que pouvait occasionner une météo anormale dans des secteurs aussi divers que l’énergie, l’agriculture, le textile, la boisson, le BTP, la voirie, le chocolat, la finance, etc.

A en juger par l’accroissement du trafic de ce site et la place qu’a pris la météo et ses conséquences sur l’économie dans les médias, la perception de l’importance du risque météo a changé. La succession de saisons anormales y est pour quelque chose, du printemps 2013 particulièrement froid et humide à l’hiver 2014 étonnamment clément.

Entre 1950 et 1990, la variabilité climatique, c’est-à-dire l’écart entre la météo observée et la normale saisonnière est restée relativement stable. Depuis 1990, elle n’a cessé de s’accroitre. Le nombre, la durée et l’intensité des anomalies météo augmentent. D’un point de vue économique, cela signifie que, pendant des années, les entreprises ont été en mesure d’absorber l’impact de cette variabilité sur le volume d’activité et la rentabilité. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Il suffit de regarder la longue liste des entreprises cotées en Europe ou en Amérique du Nord qui justifient la chute de leurs profits ou de leur chiffre d’affaires par des conditions climatiques défavorables. Il n’est plus nécessaire de convaincre dirigeants d’entreprises, investisseurs et financiers sur l’importance que la météo peut avoir sur la capacité des uns ou des autres à atteindre leurs objectifs de rentabilité. Le message est passé.

Pour chaque entreprise ou chaque secteur d’activité, on sait désormais extraire avec précision la part de performance liée à la météo. On sait aussi évaluer les risques de perte due à la météo et la probabilité que cette perte se matérialise. Enfin, on sait construire des outils financiers pour compenser les pertes causées par la météo. Naturellement, le marché de la gestion du risque météo se développe. Paradoxalement, ce ne sont pas les entreprises les plus en risque ou les plus fragiles qui les premières changent leur façon de travailler. Ce sont surtout les entreprises les plus rentables et les plus sophistiquées qui commencent à mettre en place des produits de couverture climatique pour continuer à optimiser leurs résultats et protéger leurs profits tout en diminuant leur vulnérabilité aux aléas de la météo. Sans mauvais jeu de mot, ce n’est qu’une question de temps avant que la couverture du risque météo ne se généralise à l’ensemble des entreprises à qui la météo fait perdre de l’argent.

La succession de saisons anormales a précipité la chute de nombreuses entreprises par ailleurs fragilisées par la crise. L’exemple le plus emblématique est peut-être celui de la jardinerie. En aval, les ventes de plantes annuelles sont très sensibles à la météo. S’il fait froid ou s’il pleut au printemps, les clients ne vont ni dans les jardineries ni dans leurs jardins, et si la météo défavorable se prolonge, comme en 2012 et en 2013, les ventes ne sont pas reportées mais bel et bien perdues. Par ailleurs, les plantes qui séjournent trop longtemps dans les jardineries perdent leurs fleurs et leur attractivité et finissent à la benne. En amont, les producteurs sont également dépendants des conditions météo. Un manque de lumière comme en 2013 retarde les livraisons. Les températures anormalement basses qui imposent des surcouts de chauffage dans les serres compromettent les marges qui ne dépassent pas 5% à 6% dans la plupart des cas. Quand par ailleurs les distributeurs ne font pas de réassort car les clients ne sont pas au rendez-vous, les producteurs aussi mettent à la benne leur production. En 2013, le volume de ventes des jardineries a chuté de 30% à cause de la météo. Cette chute d’activité s’est propagée à l’ensemble de la filière. Il ne faut pas être un expert en finance pour comprendre que lorsque les volumes plongent de 30% avec des marges à 6%, nombreuses sont les entreprises qui ont un genou à terre. Jardiland, fragilisé par la crise mais aussi et surtout pas une météo défavorable en 2012 et 2013 a été repris par un fonds d’investissement : 500 suppressions de postes et des centaines de producteurs qui s’attendent à faire partie des victimes collatérales. Autre victime de la météo : Delbard, repris par Gamm Vert. Le secteur de la jardinerie représente en France un chiffre d’affaires de l’ordre de 15 milliards d’euros et dégageait traditionnellement une rentabilité à deux chiffres. Il aura suffit de deux années défavorables pour que le marché soit ébranlé. Pourquoi ne pas s’être couvert ? Pourquoi les distributeurs ou les producteurs n’ont-ils pas mis en place des assurances météo pour garantir leurs profits ou protéger leur patrimoine et les emplois ? Pour avoir rencontré beaucoup de producteurs et les principaux acteurs de la distribution, la réponse est simple… ça fait des dizaines d’années que ces entreprises ont vécu avec le risque météo sans s’assurer, alors pourquoi changer ?

Pourquoi changer ? Parce que le climat a changé ! Parce que les outils de gestion existent ! Pour préserver l’emploi et augmenter la résilience des entreprises. Pour adapter son entreprise au changement du climat. Voilà pourquoi changer.

Voila aussi pourquoi meteosensibilite.com enrichit son contenu pour « faire-savoir » que la gestion financière du risque météo est là pour préserver le « savoir-faire » de nos entreprises.