Historique de la couverture meteo

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Les couvertures météo sont des produits de couverture de risques classiques, à la différence près que l’indice de référence est un indice climatique. Ils sont utilisés depuis la fin des années 90 par les entreprises dont le résultat d’exploitation est vulnérable à la météo. En 2010/2011, le volume des produits de couverture météo a atteint 11,8 milliards de dollars, en hausse de 18,4%.

De l’Antiquité au XXème siècle

Les assurances contre les aléas du climat existent depuis très longtemps. L’empereur romain Claude (de 41 à 54 après J.C.) garantissait déjà les commerçants contre les dommages causés par les intempéries aux vaisseaux remplis de grain qui effectuaient le trajet vers l’Egypte. D’autres exemples ont été mis en évidence en Mésopotamie, en Egypte ou dans l’Empire Byzantin. Au 17ème siècle, un marché de futures de riz a été créé à Dojima, près d’Osaka, pour protéger les producteurs contre les effets du mauvais temps. Toujours au 17ème siècle, la Lloyds assurait ses clients contre les risques de précipitations (Pluvius insurance), et certains considèrent que la Lloyds est à l’origine du tout premier dérivé climatique à la moitié du 19ème siècle, l’indice sous-jacent étant alors un indice de cumul de précipitation.

Énergie et risque météo

Les contrats de couverture météo tels que nous les connaissons aujourd’hui sont apparus avec la dérégulation du marché de l’énergie aux Etats-Unis dans les années 1990 et en particulier avec le phénomène El Niño en 1997, responsable d’un hiver particulièrement doux. La dérégulation a eu pour effet de contraindre de nombreuses entreprises du secteur de l’énergie à devoir renoncer à un système d’indexation permettant de transférer automatiquement à leurs clients les surcoûts de production ou de distribution liés aux variations de températures.

Premiers dérivés climatiques

Les entreprises se trouvaient dans l’obligation de trouver une solution pour ne pas subir un risque climatique potentiellement très coûteux. Elles ont contacté des preneurs de risque pour créer un produit dont l’indemnité serait proportionnelle à la différence défavorable de température. Les premières couvertures météo de l’histoire moderne étaient nées. La première transaction médiatisée a eu pour contrepartie Koch Industries en 1997 et la première transaction européenne a été faite par Scottish Hydro Electric. De nombreuses transactions ont eu lieu depuis, mais en raison de leur importance stratégique, les entreprises les dévoilent assez peu.

Quelques entreprises ont malgré tout communiqué, comme Soccram à Grenoble (températures hivernales) et Bombardier au Canada (neige) en 1999, Corney & Barrow Wine Bars UK (températures) et Rock Garden Restaurant (températures) en 2001, Gut Apeldor Golf Club (précipitations) en 2002, Club Med en 2003 (neige), ou encore le World Food Program en 2006.

Le marché de la couverture météo

Aujourd’hui, les produits de couverture météo sont des contrats classiques dont le sous-jacent est un indice climatique. Ils peuvent prendre la forme d’une assurance ou d’un instrument financier. Ils génèrent un flux de trésorerie proportionnel à la valeur de l’indice météo, qui compense une éventuelle baisse de performance financière due à ces mêmes conditions météo. Le paiement de l’indemnité est cependant indépendant de l’occurrence du sinistre.

Pour illustrer ce point, une entreprise qui distribue de l’eau minérale peut acheter une couverture météo indexée sur l’écart négatif entre les températures effectivement mesurées et la température normale. Le contrat de couverture prévoit que l’entreprise perçoit une indemnité proportionnelle au nombre de degrés d’écart.

Les règles de paiement de l’indemnité de la couverture météo sont fixées à l’avance. Le paiement de l’indemnité ne dépend pas du fait que l’entreprise vende effectivement moins d’eau minérale durant la période de couverture mais de la seule variation de la température. Il ne dépend que de la valeur finale de l’indice météo.

Les produits de couverture météo permettent aux entreprises de gérer les risques climatiques avec la même souplesse que les produits de couverture classique et de réduire les conséquences financières de leur vulnérabilité à la météo.

Quelques chiffres

En 2010/2011, le volume des produits de couverture météo a atteint 11,8 milliards de dollars, en hausse de 18,4%. Les demandes de couverture émanent de nombreux secteurs, l’énergie (46%), la construction (23%), l’agriculture (12%), le transport (5%), la distribution (3%). Le nombre de contrats traités en Europe est en augmentation importante.