Rapport INSEE : La croissance 2012 ralentit… Et la météo dans tout ça ?

Le 17 septembre, l’INSEE a publié une note de conjoncture intitulée « Les services marchands en 2012. La croissance ralentit nettement » (Septembre 2013, N°1465).

Lecture : en 2012, la valeur ajoutée des services marchands croît de 0,5 % en volume ; l’information et la communication contribuent pour 0,3 point à cette croissance, soit plus de la moitié. Source : Insee, comptes des services, base 2005.

Lecture : en 2012, la valeur ajoutée des services marchands croît de 0,5 % en volume ; l’information et la communication contribuent pour 0,3 point à cette croissance, soit plus de la moitié.
Source : Insee, comptes des services, base 2005.

En résumé, la note indique que la croissance qui était de +2,1% en 2011 est passée à +0,5% en 2012, ce qui revient à dire que l’évolution entre 2011et 2012 est une baisse de 1,6%. Thierry Méot, l’auteur de cette de conjoncture, précise que les activités liées aux loisirs et à la culture sont les plus pénalisées par la baisse du pouvoir d’achat des ménages : la valeur ajoutée dans les services orientés vers les ménages (hébergement-restauration, activités culturelles, autres services personnels) diminue sous l’effet de la baisse de consommation (-0,4% après +1,5%) elle-même liée au recul du pouvoir d’achat (-0,9% après +0,7%).

En simplifiant à l’extrême les conditions climatiques des deux dernières années, 2011 a été une année chaude et sèche, et 2012 a été en moyenne plutôt conforme aux normales de saison. Le printemps a été marqué par des conditions anticycloniques sur l’Europe caractérisées par un temps exceptionnellement chaud, sec et ensoleillé. En fait, le printemps 2011 a été le plus chaud depuis le début du 20ème siècle et le plus sec en 50 ans, avec des durées d’ensoleillement une fois et demi supérieures aux normales. L’été 2011 a été en moyenne assez proche des normales, avec quelques disparité nord-sud. L’automne, quant à lui, a été le deuxième automne le plus chaud depuis le début du 20ème siècle. En 2012, les températures, l’ensoleillement et les précipitations du printemps ont été conformes aux normales, ce qui signifie que le contexte climatique d’un point de vue touristique a été nettement moins favorable. L’été a également été marqué par des mois de juin et juillet frais et humides, et sans une courte période de canicule tardive en août qui a contribué a faire remonter la moyenne, le bilan estival aurait été moins favorable. Toujours est-il qu’en comparaison avec 2011, l’été 2012 n’a pas non plus favorisé les dépenses des ménages dans les parcs d’attractions, les campings ou les terrasses de cafés et de restaurants. Enfin, l’automne 2012 a été marqué par une succession de perturbations qui ont copieusement arrosé la façade Ouest de la France avec des pluies diluviennes dans le sud-ouest et des épisodes de vents violents dans le sud-est, conditions climatiques peu propices à des escapades touristiques de fin de semaine. Et là encore, par comparaison avec 2011, les conditions climatiques ont été nettement moins favorables en 2012.

Une analyse de sensibilité météo de quelques indices d’activité publiés par l’INSEE montre par exemple qu’au printemps, chaque degré en moins par rapport à la normale entraîne en moyenne une baisse de chiffre d’affaires de 1,2% dans le secteur des terrains de camping et parcs pour caravanes. En ce qui concerne les débits de boissons, l’impact est de 0,5% par degré avec des disparités importantes entre nord et sud et des baisses de chiffres d’affaires pouvant atteindre plus de 10% par degré pour certains produits comme les concentrés d’agrumes. Quand on sait que l’écart de température moyenne entre le printemps 2011 et 2012 est de – 1,7°C, on a mécaniquement une baisse d’activité de près de 2% entièrement due à la météo. En été, les anomalies de la météo, notamment dans le secteur du tourisme, expliquent entre 15% et 80% des baisses d’activité suivant le type d’activité concerné.

En 2013, entre janvier et mai, chaque mois, sans exception, a été anormalement froid, anormalement pluvieux et a été marqué par un déficit d’ensoleillement. Ne pas prendre en compte l’impact de la météo dans l’analyse de la performance économique du pays, surtout compte tenu du poids du secteur touristique et de la consommation dans le PIB français, conduirait sans aucun doute à donner une image faussée de la performance réelle de notre pays.