L’hiver 2013 sera-t-il le plus froid depuis 100 ans ?

Boule de cristal hiver

On dit que les marchés financiers ont la mémoire courte… que dire du buzz médiatique autour des prévisions de deux météorologues, l’américain Joe Bastardi et l’allemand Dominik Jung qui annoncent droits dans leurs bottes l’hiver le plus froid qu’on ait connu depuis 100 ans. Rien que ça.

Bastardi et Jung se basent sur la baisse cyclique de l’activité solaire, qui dure onze ans environ pour parier sur un hiver très froid. Ils n’ont rien découvert. Bien avant eux, en 1875, Stanley Jevons, un économiste anglais, avait essayé sans succès d’expliquer le prix des denrées agricoles, et à travers les prix c’est la météo qu’il visait, en s’appuyant sur la même durée des cycles solaires de 11,11 années.

Les météorologues sont des gens rigoureux et la seule chose à retenir, c’est qu’en matière de prévision, il est scientifiquement impossible de prévoir le détail des situations météorologiques plus de 10 jours à l’avance.

Pour les tendances saisonnières, on ne parle de prévision mais de scénario. Le scenario porte sur la température moyenne ou les précipitations, et on essaie de sélectionner une tendance parmi trois scénarios prédéfinis : proche des normales saisonnières, en dessous ou au-dessus des normales.

On utilise plusieurs modèles, celui de Météo France, celui du Centre Européen, celui du Met Office, l’équivalent britannique de Météo France, le modèle américain et le modèle japonais. Quand plusieurs modèles pointent dans la même direction, on se risque à privilégier un scenario plutôt qu’un autre, mais il ne s’agit pas de prévision.

En Europe Occidentale, pour cet hiver, aucun scénario n’est privilégié ni pour les températures ni pour les cumuls de précipitation.

Il y a que quelques mois, une chaîne météo et un présentateur météo de la radio annonçaient en juin que l’été avait 9 chances sur 10 d’être pourri. Le printemps avait été particulièrement maussade puisque les températures chaque mois sans exception entre janvier et mai avaient été inférieures aux normales. Leur argument c’était qu’en cas de printemps froid, 7 fois sur 10 l’été était pourri et 2 fois sur 10 il n’était que normal. Les touristes ont plutôt gardé un bon souvenir de ce magnifique été.

Enfin, pour se convaincre définitivement que toute prévision qui dépasse 10 jours relève de la boule de cristal, il y a un élément juridique de poids. Meteo Protect vend des solutions d’assurance météo pour indemniser les entreprises à qui une météo défavorable fait perdre de l’argent. Elle peut le faire car juridiquement, à partir de 15 jours, on est dans l’aléa total, c’est-à-dire que la loi considère qu’il n’existe aucune prévision fiable au-delà de quinze jours.

Ce qu’on peut affirmer avec la plus grande rigueur scientifique, c’est que les chefs d’entreprises ou les particuliers qui craignent les conséquences financières d’un grand froid, ou d’un hiver doux n’ont qu’une solution : appeler un spécialiste de la gestion du risque météo pour savoir ce que la météo risque de leur coûter et s’assurer.